 | Première canadienne en cathétérisme cardiaque pédiatrique
Le lundi 19 juin 2006
Le CHU Sainte-Justine et l’Institut de Cardiologie de Montréal réalisent une première canadienne dans le traitement de la maladie de Kawasaki
Fruit d'un partenariat de longue date entre les
établissements, deux cardiologues du CHU Sainte-Justine
(CHUSJ) et de l'Institut de Cardiologie de Montréal (ICM)
ont réalisé avec succès une première
canadienne pour le traitement des artères coronaires d'un
jeune patient, Michaël Boulanger âgé de 13 ans,
souffrant de graves problèmes cardiaques, résultats de
la maladie de Kawasaki. Cette intervention de
cathétérisme cardiaque avait pour objectif de sauver la
coronaire gauche du patient (l'artère essentielle au bon
fonctionnement du coeur) en la désobstruant grâce
à un appareil appelé le « Rotablator »
généralement utilisé en cathétérisme
cardiaque adulte.
C'est la première fois au Canada que cette
technique de cathétérisme est utilisée pour le
traitement d'un enfant. « Dans le cas de Michaël,
plusieurs options s'offraient à nous pour tenter de sauver
sa coronaire gauche. Toutefois en raison de l'intense
calcification présente, nous avons opté pour
l'utilisation du « Rotablator », un appareil rotatif
qui permet de retirer la calcification sans grand risque de
déchirure du vaisseau sanguin », a expliqué le Dr
Nagib Dahdah, cardiologue pédiatrique. Ce dernier fait
partie de l'équipe de médecins qui suivent le jeune
Michaël depuis 1999, année où une pédiatre de
sa région le transféra à Sainte-Justine, car elle
soupçonnait un cas de Kawasaki. « Il s'agissait d'une
procédure délicate que nous avons pu réaliser
grâce à notre expertise dans les interventions
cardiaques complexes auprès d'une clientèle adulte
», a ajouté le Dr Réda Ibrahim, cardiologue
hémodynamicien à l'ICM.
Une maladie méconnue aux effets
potentiellement graves
La maladie de Kawasaki est une maladie presque
exclusivement pédiatrique qui provoque l'inflammation des
vaisseaux sanguins et des artères coronaires. Elle se
manifeste par une forte fièvre, qui dure plusieurs jours, des
éruptions cutanées, des symptômes de conjonctivite,
des rougeurs de la gorge et de la bouche, un gonfle-ment des mains
et des pieds, etc. Dans la majorité des cas, la maladie
disparaît sans laisser de trace. Chez certains patients, elle
cause cependant des lésions plus ou moins importantes aux
artères coronaires, temporaires ou permanentes.
Dans les cas comme celui de Michaël, où la
maladie de Kawasaki a causé des dom-mages permanents aux
artères coronaires, un suivi cardiologique est
nécessaire à vie. Ce suivi sert à mesurer
l'évolution des lésions et à en limiter les
conséquences sur le bon fonctionnement du coeur. Ainsi,
l'intervention réalisée le 15 mars dernier est le
premier cathétérisme d'intervention pour Michaël
depuis son diagnostic en 1999.
Malgré le succès remporté par les
cardiologues avec cette dernière intervention sur son
artère coronaire gauche, Michaël doit tout de même
continuer à prendre beaucoup de médicaments pour
maintenir son coeur en bonne forme et éviter la formation de
caillots de sang qui pourraient, encore une fois, bloquer les
vaisseaux qui irriguent son coeur.
Ainsi, outre les conséquences sur leur
état de santé, les enfants ayant souffert de la maladie
de Kawasaki subissent une diminution importante de leur
qualité de vie : « Je dois limiter mes activités
et bien choisir celles que je pratique, car je dois à tout
prix éviter les blessures. Les gens ne comprennent pas
toujours et le plus difficile c'est de devoir toujours expliquer
ce qu'est la maladie de Kawasaki », a raconté
Michaël. Au Québec, près de 100 nouveaux cas de
cette maladie sont diagnostiqués chaque année. Tous ne
développeront pas de problèmes cardiaques, toutefois
pour les patients comme Michaël les traitements doivent
encore être développés.
Une collaboration exceptionnelle
Pour le Dr Denis Roy, directeur du Département
de médecine de l'Université de Montréal, la
réussite de cette délicate intervention
pédiatrique est le reflet d'une réelle synergie et d'un
fructueux échange entre deux établissements du RUIS de
l'Université de Montréal. « Ensemble, les
différents établissements de notre réseau forment
un vaste réservoir d'expertises et de secteurs d'excellence.
Ce réseau prend sa pleine valeur par des échanges et
des collaborations comme celle que nous soulignons aujourd'hui
», a déclaré le Dr Roy.
Rappelons que cette première canadienne a
été réalisée avec succès grâce
à l'exper-tise combinée du CHU Sainte-Justine et de
l'Institut de cardiologie de Montréal, plus
précisément grâce à l'expertise en
cardiologie adulte du Dr Réda Ibrahim, de l'Institut de
Cardiologie de Montréal et à celle du Dr Nagib Dahdah
du CHU Sainte-Justine dans le traitement de la maladie de
Kawasaki. Les deux cardiologues hémo-dynamiciens sont tous
deux également professeurs adjoints de clinique à la
Faculté de médecine de l'Université de
Montréal. Soucieux d'offrir un continuum de soins en
sciences cardiaques de l'enfance à l'âge adulte, le
CHUSJ et l'ICM ont une tradition de collaboration depuis 1989,
année de la mise sur pied du Centre de cardiopathies
congénitales adultes de l'ICM.
À propos du CHU Sainte-Justine
Le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine est
le plus grand centre mère-enfant au Canada. Il compte 450
lits, enregistre 19 000 admissions annuellement, accueille 60 000
patients à l'urgence et plus de 200 000 autres en soins
ambulatoires. Plus de 4 000 employés composent ses effectifs.
Il est l'un des quatre plus importants centres pédiatriques en
Amérique. Associé à l'Université de
Montréal, le CHU Sainte-Justine est de loin le plus grand
centre de formation en pédiatrie au Québec et un leader
au Canada. Il accueille chaque année environ 4 000
étudiants. Le rayonnement international du CHU Sainte Justine
et de son centre de recherche est considérable. Le CHU
Sainte-Justine célébrera son centenaire en 2007.
www.chu-sainte-justine.org
À propos de l'Institut de Cardiologie de
Montréal
Fondé en 1954, l'Institut de Cardiologie de
Montréal vise constamment les hauts standards d'excellence
dans le domaine cardiovasculaire par son leadership en
prévention, en soins ultraspécialisés, en
formation des profes-sionnels, en recherche clinique et
fondamentale et en évaluation des nouvelles technologies. Il
est affilié à l'Université de Montréal et ses
résultats cliniques sont parmi les meilleurs au monde. Pour
en connaître davantage sur l'Institut, visitez le site Web
www.icm-mhi.org
À propos de l'Université de Montréal
Fondée en 1878, l'Université de
Montréal forme, avec ses écoles affiliées, HEC
Montréal et l'École Polytechnique, le premier pôle
d'enseignement supérieur et de recherche du Québec, le
deuxième au Canada et l'un des plus importants en
Amérique du Nord. Sa Faculté de médecine compte
plus de 4 000 étudiants et s'appuie sur un solide
réseau hospitalier comptant deux grands centres hospitaliers
universitaires (CHU) et treize hôpitaux et instituts
affiliés. Par son Réseau Universitaire
Intégré de Santé (RUIS), la Faculté de
médecine est responsable des soins de 40 % de la population
québécoise.
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